Spectacle Vivant

 
 

Résidence la compagnie La Récidive
spectacle vivant

La Nébuleuse © Cie La Récidive

La compagnie investit le plateau de l'Agence culturelle du 19 au 29 septembre pour la création de son spectacle "La Nébuleuse". Étape de travail proposée aux professionnels le jeudi 28 septembre à 14h30.
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"Voyager" est un verbe bien fatigué

Le monde nous parait si familier ! Les continents deviennent de vastes parodies d’eux-mêmes, peuplés d’images folkloriques. Comment déchirer nos cartes postales de villes, de campagnes, de déserts ? Car c’est bien dans sa déchirure que se refonde l’image. "Voyager" c’est déjà s’arracher à sa condition familière. Se faire étranger au monde. Et le regarder une seconde fois.

La Récidive désignerait une bande ayant en partage ce désir féroce de mouvement. Les prémices de son travail se trouveraient dans la rue, dans les artères de nos villes. Une bande dans laquelle circule un esprit aventureux, taquinant sans cesse les frontières infligées à notre réalité. Un jeu fulminant qui passe aujourd’hui par le cinéma et le théâtre.

Par le rituel du théâtre nous invoquons le retentissement réel du voyage. Cet ébranlement de nos êtres civilisés qui nous plonge dans un état d’incertitude. État dans lequel, à demi-aveugle, nous déchirons l’image achevée de l’Homme.

"Voyager" pour sortir de soi et aller à la rencontre d’un Autre. Cet étranger, ce "toujours autre" qui indique tout ce que nous pourrions devenir. Consentir à ce mouvement perpétuel qui pousse à se placer au- devant de soi. Le théâtre devient alors le lieu de l’inachèvement, de l’évènement offert dans toute sa présence.

Acte de présence insufflé par l’acteur. Corps de l’acteur borduré par le vide. Langue tendue au-dessus du silence. Vertige quelque peu. Saillies de lumière encore. Œil du spectateur révulsé arpentant de nouveaux territoires. "Voyager" donc bondir joyeusement au-devant de soi. Y laisser sa peau et partir à la rencontre de l’Étranger. Avancer comme ça, à vif, dans l’ombre et progresser par étonnements. Sans savoir sur quel monde l’oeil s’ouvrira au terme du voyage.


La Nébuleuse

Dans cinq milliards d’années le Soleil mourra et la Terre sera pulvérisée dans le noir de l’Univers.

Fin.

Ou commencement,
ou point de rencontre improbable par-delà la catastrophe.

Disons que nous retrouverions un fragment égaré de la Terre, en décrochage : un monde réduit à l’état de vestige. S’ouvre alors devant nous un territoire catastrophé jonché de ces objets qui jadis peuplaient nos quotidiens. Seulement ici, les voilà défigurés, morcelés ; leurs usages ne sont plus que de vieilles empreintes estompées dans nos mémoires.
Fin de l’utilité des choses.
Un monde est en train de s’essouffler, nous assistons aux derniers mots, aux dernières images d’une civilisation ancestrale : la nôtre. Une mémoire incarnée par le corps d’une femme. "Corps gracile d’une jeune femme à demi enseveli sous les décombres."
Une mémoire qui se recompose par fragments, par bribes d’images-souvenirs, par jaillissements de ces détails qui jadis fondaient notre humanité.

En astronomie, une nébuleuse peut témoigner soit de la mort soit de la naissance des étoiles. La Nébuleuse se situe donc sur le seuil entre extinction d’un système et émergence de nouvelles possibilités. Là se trouve le berceau des révolutions.

Point de rupture absolu difficilement appréhensible pour nos esprits tant notre puissance de conservation est grande. Alors dire "cinq milliards d’années" c’est se donner la possibilité de mettre à distance nos certitudes contemporaines, se défaire de soi, se faire étranger au monde et le regarder une seconde fois.

Puissions-nous bien sûr désirer le voyage !

"La Nébuleuse" est une expérience perceptive, un événement à l’adresse de tous les corps normalement ou anormalement constitués. Théâtre-embarcadère, point de rendez-vous pour tous ceux qui désir se détacher puis renouer avec le monde.


 
 
 
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